Journal d’accompagnement du projet d’exposition Cosm-O-bjet : un essai sur les objets, la collection et le collectionnisme
Written companion to the Cosm-O-bjet exhibition project: an essay on objects, collecting and collectionism
Rôle Mémoire de diplôme (PFE) · Programme Journal écrit, « A Museum of Everything » · Année 2018
Role Diploma thesis (PFE) · Programme Written journal, “A Museum of Everything” · Year 2018

Contexte
Context
Il y a tant d’objets sur cette planète qu’une vie ne suffirait pas à tous les recenser. Nous vivons dans un univers d’objets, nous en entourant par nécessité, qu’elle soit utilitaire, affective, intellectuelle ou religieuse, et ceux que nous choisissons portent la marque de notre identité. Ce journal laisse de côté la nature de ces objets pour s’intéresser plutôt au système qui nous relie à eux : la collection, et le comportement du collectionneur.
There are so many objects on this planet that one life would not be enough to list them all. We live in a universe of objects, surrounding ourselves with them out of need, whether utilitarian, emotional, intellectual or religious, and the ones we choose bear the mark of our identity. This journal sets aside the nature of these objects to look instead at the system that links us to them: the collection, and the behaviour of the collector.
Enjeux
Design issues
- Distingue l’addiction à la collection, l’obsession du collectionneur, du collectionnisme, le besoin pathologique de collectionner des objets hétéroclites et inutiles
- S’appuie sur la définition du Larousse du collectionneur et sur la racine de l’ancien français de « collectionner », « rassembler »
- Présente le collectionneur comme quelqu’un d’assez fort pour regrouper l’inclassable, créant un ordre limité à partir d’un ensemble d’objets dispersés, vers une « rencontre finale » : la collection achevée
- Distinguishes collection addiction, the collector’s obsession, from collectionism, the pathological need to collect heterogeneous and useless objects
- Draws on the Larousse definition of the collector and the Old French root of “collecting” as “gathering”
- Frames the collector as someone strong enough to group the ungroupable, creating a limited order out of a dispersed set of objects, toward a “final meeting”: the finished collection
“J’ai toujours aimé faire des tas. De rien du tout. Ou presque. Au début — c’était pour le feu — on amassait du bois. Les brindilles moi, je trouvais qu’elles avaient toujours une personnalité, un personnage singulier. Et je leur donnais des noms. Comme twig, brandy, pendante et dépendante, absor, gué. Et puis j’ai commencé à collectionner leurs noms aux brindilles. Je faisais des tas de noms et de mots dans ma tête. Je les allongeais, raccourcissais, je les mettais à l’envers, dans tous les sens, je les assemblais, les oubliais, les laisser disparaitre, revenir, plus dur, aguerri, parfois on aurait dit des vieux combattants ou des esprits frêles. Frêle, tiens. Comme écarquille. Ou nimbe. Oh et on faisait aussi d’autres tas. On faisait des tas de tas à vrai dire. Des tas de ceci, des tas de cela. On avait des tas d’objets insolites qui s’étaient perdus dans la vie. On était un peu comme un abri pour ces esseulés, si beaux. Elles étaient ravissantes ces petites choses qu’on recueillaient un peu par hasard. Quand on s’arrêtait un instant, qu’on prenait des chemins de traverse, qu’on tombait sur une personne puis amoureux, qu’on commençait à voir flou et flottant, qu’on s’remettait dans nos flottilles à reflets, là on faisait des rencontres… on atterrissait à Artemis, zone d’errance des oubliants… “
“I’ve always loved making piles. Out of nothing at all. Or almost. At first — it was for the fire — we gathered wood. The twigs, I always felt, had a personality of their own, a singular character. And I gave them names. Like twig, brandy, hanging and depending, absor, ford. And then I started collecting the twigs’ names. I made piles of names and words in my head. I lengthened them, shortened them, turned them inside out, every which way, assembled them, forgot them, let them vanish, come back, harder, hardened; sometimes they looked like old soldiers or fragile spirits. Fragile, there you go. Like wide-eyed. Or halo. Oh, and we made other piles too. We made piles of piles, really. Piles of this, piles of that. We had piles of odd objects that had gotten lost along the way. We were a little like a shelter for these lonesome things, so beautiful. They were delightful, these small things we gathered up almost by chance. When we paused for a moment, took the side roads, ran into someone and then fell in love, began to see blurred and floating, slipped back into our shimmering flotillas — that’s where we made encounters… we landed in Artemis, the wandering ground of the forgetful…”
Résultat
Result
Projet de mémoire de diplôme (PFE), ENSA Paris-Malaquais, 2018.
Diploma thesis project (PFE), ENSA Paris-Malaquais, 2018.